Le Comité consultatif des résidant.e.s (CCR) de la Haute-Yamaska-Rouville a organisé le samedi 29 août une grande fête à l’intention de tous les locataires de HLM de l’office. Au programme : épluchette de blé d’inde et hot-dog, animation et jeux pour les tout-petits. Le CCR regroupe les 582 locataires de HLM des villes de Granby, Marieville, Saint-Césaire, Waterloo, Ange-Gardien et Saint-Paul-d’Abbotsford. Le CCR avait invité plusieurs dignitaires et espérait une visite des candidat.e.s aux élections provinciales. D'ailleurs, suite à cet évènement, le candidat local du Parti Québecois a sollicité une rencontre avec la Fédération. Une bonne opportunité pour faire remonter les enjeux autour des HLM ! N'oubliez pas de nous tenir informés si vous parlez avec des candidat.e.s
Un journaliste de la Voix de l'Est était sur place et décrit bien l'évènement. Nous reproduisons ici l'article publié le 30 aout.
L’accès au logement et le coût de la vie sont à l’ordre du jour en ce début de campagne, et les partis sont invités à dévoiler des engagements. Dans l’optique, le Comité consultatif des résidents (CCR) de la Haute-Yamaska-Rouville a profité d’une grande fête organisée dans un parc de Granby, samedi, pour parler de l’avenir des habitations à loyer modique.
Le CCR Haute-Yamaska-Rouville a tenu son grand rendez-vous au parc Jean-Yves-Phaneuf, à temps pour l’heure du dîner. Le regroupement citoyen inclut 582 locataires de HLM des villes de Granby, de Saint-Paul-d’Abbotsford, de Marieville, de Saint-Césaire, de Waterloo et d’Ange-Gardien. Tout ce beau monde était convié. On a aussi envoyé les invitations aux dignitaires et aux candidats de l’actuelle campagne électorale provinciale. Au programme: une épluchette de blé d’Inde et hot-dog, de l’animation et des jeux pour les tout-petits.
Du nombre, on a compté les nombreux membres organisateurs du CCR, le directeur général de l’Office d’habitation de la Haute-Yamaska-Rouville (OHHYR), Nicolas Léger Bourgoin, ainsi que l’organisatrice communautaire de la Fédération des locataires d’habitation à loyer modique du Québec (FLHLMQ), Anik Leroux. Cette dernière est venue prêter main-forte aux organisateurs du festin, et partager les enjeux et la réalité touchant les 65 000 ménages vivant en HLM et les 24 000 autres ménages vivant dans des logements abordables gérés par les offices d’habitation du Québec.
«Le HLM, c’est ma famille»
En plus d’être président du CCR, Martin Fournel est lui-même résident d’un HLM dans notre région. Le père de quatre enfants a tenu à partager sa réalité. Pour lui, les habitations à loyer modiques répondent à un besoin essentiel, non seulement pour les jeunes familles. «Mon HLM, c’est ma famille. Nous n’aurions pas cette vie aujourd’hui sans le HLM. Il m’a permis d’avoir la garde partielle de mes enfants», a-t-il avoué, voulant que le futur député de Granby s’engage pour l’avenir.
«Ça permet pour d’autres de se sortir de l’itinérance. Il y a beaucoup de personnes monoparentales, des femmes violentées qui ont besoin d’un HLM, qui ne pourraient pas se loger ailleurs», a ajouté Anik Leroux. Selon elle, le HLM, «c’est un refuge, un rempart contre la pauvreté».
Des logements abordables... pas si abordables.
Une liste de quatre besoins a été convenue, et elle est martelée dans le cadre de la campagne. «On veut que les candidats et les partis parlent du sujet, qu’il apparaisse dans leurs plateformes électorales. Pour le moment, nous sommes les seuls à parler des HLM. Qui d’autres?» a souligné Mme Leroux.
Elle est d’avis que les solutions mises en place actuellement pour loger les personnes à faibles revenus sont loin d’être optimales. «Elles ne sont pas bonnes», a-t-elle dit même en entrevue. «On entend construire des logements abordables, sans être abordables pour les gens à plus faibles revenus, qui paient 25 % de leur revenu en logement.»
La construction d’une nouvelle génération de logements publics à 25 % des revenus est demandée. L’OHHYR gère actuellement 582 logements à l’échelle locale, mais «il y a 221 ménages en attente sur les listes».
À l’échelle québécoise, le FLHLMQ estime que le gouvernement du Québec devra doubler le nombre de logements sociaux en construisant 5000 nouvelles unités publiques de type HLM par année.
Rénovations versus enveloppe restante
La poursuite de la rénovation du parc HLM est aussi demandée par le CCR Haute-Yamaska-Rouville. Selon le tableau de bord de la Fédération des locataires de HLM du Québec, 314 logements sont en mauvais ou très mauvais état dans la région visée. Selon les évaluations de la Société d’habitation du Québec (SHQ), la région a besoin de près de 12 millions de dollars pour remettre son parc en bon état.
La SHQ évalue que, d’ici 2030, la province devra encore investir 2,37 milliards de dollars pour remettre le parc HLM à un niveau satisfaisant. Petit bémol: le Programme de rénovation des habitations à loyer modique (PRHLM) compte sur une enveloppe restante actuelle d’environ 1,7 milliard de dollars.
Financement et retrait du fédéral
Le CCR veut un engagement pour la poursuite du financement des HLM, sans augmenter les loyers ni couper les services. Selon le FLHLMQ, la part assumée par le gouvernement provincial ne cesse d’augmenter depuis le retrait graduel du fédéral des conventions d’exploitation des HLM.
En 2025, un total de 538 millions ont été investis dans le Programme sans but lucratif - volet public (PSBL). La SHQ évalue que le retrait du fédéral lui a coûté 100 millions de dollars en 2025. La facture était de 49,9 millions en 2024.
Gel des loyers abordables
Enfin, le CCR Haute-Yamaska-Rouville demande le gel des loyers dans les 156 logements abordables gérés localement par l’OHHYR. «Le mode de financement du logement abordable oblige à hausser les loyers pour couvrir les dépenses», indique-t-on. Or, les locataires à faible revenu n’ont pas toujours les moyens d’assumer cette hausse, année après année.
Selon les données fournies par la FLHLMQ, les offices d’habitation du Québec gèrent environ 24 000 logements abordables. Elles se retrouvent dans cette même situation, dit-on, en augmentant les loyers pour couvrir les hausses des dépenses d’exploitation.
Les candidats absents
Dans un courriel acheminé à l’issue de l’événement, Anik Leroux confirme qu’aucun candidat provincial ne s’est présenté sur place, à la fête tenue à Granby.
Les candidats locaux ne sont d’ailleurs pas les uniques concernés par les engagements désirés. On note que, dans toutes les régions du Québec, les associations de locataires de HLM et les CCR talonneront les aspirants élus «pour les sensibiliser et obtenir des engagements pour l’avenir de l’habitation à loyer modique».